Renforcer l'enseignement de la défense nationale dans le parcours de citoyenneté
Scrutin public de l'Assemblée nationale du 26 mars 2026, adopté : 39 pour, 17 contre, 0 abstentions.
Intitulé officiel : l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer l'enseignement de la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté (première lecture).
Texte : Renforcer l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté
De quoi s'agit-il ?
**Objectif.** Ce texte propose d'inscrire dans la loi un enseignement à la défense nationale clairement identifié dans le code de l'éducation. Il vise à permettre à chaque jeune Français de comprendre la mission des armées, les enjeux de souveraineté et de résilience, et la place du citoyen dans la défense de la Nation. Il fait suite au rapport d'information n° 2693 (mai 2024) des députés Christophe Blanchet et Martine Étienne, qui souligne l'urgence de redonner une place centrale à l'éducation à la défense. L'exposé des motifs indique que, depuis la suspension du service national obligatoire en 1997, une part croissante de la jeunesse méconnaît les principes et les acteurs de la défense. **Contenu envisagé.** Le texte prévoit un cours structuré et obligatoire de « défense globale », intégré à l'emploi du temps scolaire et articulé avec le parcours de citoyenneté. Au-delà du volet militaire, il aborderait le rôle des armées et des forces de sécurité intérieure, les menaces hybrides (terrorisme, ingérences, désinformation), la cybersécurité, la sécurité des approvisionnements et des infrastructures critiques, et la gestion civile des crises. **Modalités de mise en œuvre.** Le dispositif s'appuie sur des structures existantes : enseignants, réservistes citoyens et opérationnels, classes de défense et de sécurité globale, partenariats armées-éducation. Il serait mis en œuvre à moyens constants, par réaffectation des crédits déjà consacrés à l'éducation à la défense, notamment ceux du programme 169. Aucun emploi dédié ni dépense nouvelle n'est créé, selon le texte. **Comparaisons internationales.** Le rapport cite la Finlande, où un cours obligatoire est suivi au lycée (38 séances de 45 minutes), et l'Estonie, où un cours obligatoire (35 séances de 35 minutes) est complété par un camp d'initiation militaire sur la base du volontariat. **Coût.** L'exposé estime le coût net additionnel de la généralisation entre 10 et 15 millions d'euros par an, principalement pour…
Pourquoi voter pour
- Le groupe RN (M. Romain Tonussi) soutient la proposition de loi : elle renoue, selon lui, avec un esprit de défense qui n'aurait pas dû être abandonné après le choix d'une armée professionnelle. - Le RN estime que le texte est opportun dans un contexte international dégradé et qu'il renforce le lien entre les armées et la nation. - Le RN juge toutefois qu'il faudra « aller plus loin » et bâtir un socle plus ambitieux. - M. Christophe Blanchet (DEM) intervient en défense du texte, notamment en contestant les affirmations de M. Fernandes (« C'est faux ! », « C'est complètement faux ! ») et en renvoyant à la page 87 du rapport de la mission d'information. Les arguments précis du groupe DEM ne sont pas développés dans cet extrait. - Mme Delphine Lingemann (DEM) affirme que les cours sur le climat existent déjà. Elle ne défend pas explicitement le texte dans cet extrait. - Le vote final : 39 voix pour l'adoption, 17 contre (sur 56 votants).
Pourquoi voter contre
- Le groupe LFI-NFP (M. Emmanuel Fernandes) annonce voter contre le texte. - Argument principal : l'enseignement de la défense nationale existe déjà depuis juin 2000 dans le second degré, et le problème serait son absence de mise en œuvre effective, non l'absence de référentiel de compétences. - Le groupe LFI-NFP estime que le texte ne répond pas à la question de fond : pourquoi cet enseignement n'est-il pas assuré partout ? - Critique des moyens : selon M. Fernandes, le budget 2026 supprime 4 032 postes d'enseignants, et le Snes-FSU compte 8 865 postes supprimés depuis 2017. Il évoque aussi le coût des réservistes, qui ne seraient pas bénévoles. - Opposition au recours à des correspondants de défense : pour le LFI-NFP, l'enseignement relève du métier de professeur, qui exige formation et rémunération. - Le LFI-NFP affirme que l'ancienne corapporteure Martine Etienne était opposée au dispositif, ce que contestent les députés du groupe DEM. - Le LFI-NFP estime qu'il faut d'abord des moyens pour les programmes existants (éducation à la vie affective et sexuelle, climat), et évoque un jugement du tribunal administratif de Paris de 2023. - Mme Ayda Hadizadeh (groupe SOC) annonce que son groupe est « tout à fait opposé » au texte. Elle juge l'intention « honorable » mais estime que « ce n'est pas le moment ». Elle s'appuie sur la situation des enseignants (témoignage, 70 % ne recommandent pas le métier, cas de suicides en Normandie) et estime que le message envoyé aux enseignants serait mauvais. - Mme Hadizadeh affirme que l'amour de la patrie passe davantage par des projets collectifs, l'EPS, les sorties scolaires et les visites, que par une formation supplémentaire.
Le vote de chaque groupe
- Rassemblement National : 9 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Ensemble pour la République : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- La France insoumise - Nouveau Front Populaire : 0 pour, 11 contre, 0 abstentions
- Socialistes et apparentés : 0 pour, 4 contre, 0 abstentions
- Droite Républicaine : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Écologiste et Social : 1 pour, 2 contre, 0 abstentions
- Les Démocrates : 26 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Horizons & Indépendants : 1 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Union des droites pour la République : 2 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Gauche Démocrate et Républicaine : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Non inscrit : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions