l'amendement n° 1582 de Mme Manon Meunier à l'article premier du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 20 mai 2026, rejeté : 38 pour, 114 contre, 0 abstentions.

Texte : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

Pourquoi voter pour

- Mme Manon Meunier (LFI-NFP) soutient que les politiques de souveraineté alimentaire parlent trop peu de la dépendance aux matières premières importées (alimentation animale, engrais, matériaux, énergie). - Elle propose d'inscrire la prise en compte de cette dépendance dans la définition des contrats d'avenir agricole et, plus largement, dans les politiques publiques. - Elle prend l'exemple de la filière porcine, plus industrialisée et plus dépendante des importations, qu'elle oppose à la filière bovine, présentée comme plus autonome grâce aux systèmes herbagers et à la polyculture-élevage. - M. Pierre-Yves Cadalen (LFI-NFP) refuse de retirer l'amendement, qu'il juge porter sur une question « cruciale ». - M. Cadalen illustre son propos par le cas de la Bretagne : importations de soja (notamment du Brésil) pour nourrir les porcs, lien avancé avec la déforestation amazonienne, teneur en azote que les sols ne peuvent pas absorber, et problèmes d'algues vertes et de qualité de l'eau. - Il estime que l'agriculture intensive pose un problème pour les paysans, les milieux de vie et les citoyens.

Pourquoi voter contre

- M. Julien Dive (DR), au nom de la commission, émet un avis défavorable. Il explique que la phrase à compléter traite des importations en général (produits finis comme intrants), alors que l'amendement ne vise que les matières premières : il le juge donc « moins ambitieux ». Il demande son retrait. - La ministre Mme Annie Genevard donne le même avis (« Même avis »), sans développer d'argument supplémentaire. - M. Jean-René Cazeneuve (EPR) critique le ton des interventions de la gauche, qu'il juge insultant envers les agriculteurs, en reprochant d'avoir dit qu'ils polluaient, « puaient » et devaient payer. - Il reproche aux députés LFI-NFP de vouloir définir la « bonne » agriculture, expliquer aux agriculteurs comment produire et aux Français comment consommer. - Il affirme que l'objectif de l'article est de développer l'agriculture dans les territoires pour limiter les importations, et conteste que la Chine soit un modèle pour la majorité. - Il défend une agriculture française « vertueuse », parmi les plus exemplaires en Europe et dans le monde. - Le scrutin donne 38 voix pour, 114 contre : l'amendement est rejeté.

Le vote de chaque groupe