Amendement de M. Tivoli sur l'examen prioritaire du projet de loi d'urgence agricole

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 26 mai 2026, rejeté : 70 pour, 106 contre, 2 abstentions.

Intitulé officiel : l'amendement n° 89 de M. Tivoli à l'article 14 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

Texte : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

De quoi s'agit-il ?

**Objet du projet de loi** Présenté par le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, ce projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles vise à apporter des réponses rapides et concrètes aux difficultés du monde agricole et à renforcer la souveraineté alimentaire française. Il s'appuie sur les conférences de la souveraineté alimentaire et sur des consultations menées en 2026. **Les cinq titres** - **Titre Ier** : crée des « projets d'avenir agricole », initiés par les acteurs économiques d'un territoire, qui seront reconnus par l'État et les régions s'ils répondent aux priorités de production fixées pour au moins la décennie à venir. - **Titre II** : renforce la protection contre les importations non conformes. Il permet de suspendre ou de conditionner l'importation de denrées contenant des résidus de substances interdites dans l'Union européenne, lorsqu'elles présentent un risque sérieux. Il crée une brigade nationale de contrôle des denrées importées, d'une centaine d'agents, dont les contrôles s'exerceraient aux frontières et sur l'ensemble du territoire. Enfin, il interdit, sauf absence d'offre, de servir dans la restauration collective publique des produits non issus de l'Union européenne. - **Titre III** : simplifie certaines normes et protège le potentiel productif. Il concerne notamment : - l'eau : allègement de la participation du public pour certaines réserves, pouvoir de substitution du préfet en cas de défaillance d'un organisme de gestion collective, facilitation de certains ouvrages de stockage ; - les zones humides : compensations proportionnées à leur état de fonctionnalité ; - les captages sensibles : clarification des rôles des acteurs ; - les terres agricoles : sanctions en cas de non-respect de la compensation collective agricole, priorisation des compensations écologiques sur des espaces peu productifs, zones de transition végétalisées à la charge de l'aménageur, et…

Pourquoi voter pour

- M. Lionel Tivoli (RN) présente l'amendement comme un « amendement de clarification rédactionnelle ». - Il estime que l'expression « état de conservation favorable » renvoie à une appréciation technique « parfois mouvante », source d'incompréhensions sur le terrain. - Il propose de la remplacer par « la préservation de l'espèce », qu'il juge plus claire, plus intelligible et « moins politique ». - Il affirme que l'objectif reste identique, à savoir préserver la présence du loup. - Selon lui, cette reformulation sécurise juridiquement l'application du texte et évite des interprétations trop larges.

Pourquoi voter contre

- M. Xavier Roseren (HOR), au nom de la commission, demande de conserver la notion de « maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable ». Il invoque la clarté et l'intelligibilité de la loi. - Il soutient que cette formulation reprend les termes de la directive « habitats » et de la convention de Berne, qui fondent le cadre juridique du texte. - La commission émet un avis défavorable. - Mme Annie Genevard, ministre, déclare « même avis », sans développer d'argument propre dans cet extrait.

Le vote de chaque groupe