Amendement sur la nationalisation d'ArcelorMittal France et la souveraineté industrielle (deuxième lecture)

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 11 juin 2026, rejeté : 37 pour, 138 contre, 3 abstentions.

Intitulé officiel : l'amendement n° 28 de M. Sitzenstuhl après l'article 2 de la proposition de loi visant à la nationalisation d'ArcelorMittal France afin de préserver la souveraineté industrielle de la France (deuxième lecture).

Texte : Nationalisation d'ArcelorMittal France

De quoi s'agit-il ?

**Objet du texte** Cette proposition de loi prévoit la nationalisation temporaire d'ArcelorMittal France, filiale française du groupe sidérurgique ArcelorMittal. Selon ses auteurs, elle vise à préserver la souveraineté industrielle, l'emploi et la production d'acier en France. **Constats avancés** Le groupe emploie environ 15 400 salariés en France, sur une quarantaine de sites. L'exposé des motifs lui reproche plusieurs évolutions : fermeture de sites (Reims, Denain), arrêt durable d'un haut-fourneau à Fos-sur-Mer, suppression d'un millier d'emplois en un an, délocalisation de fonctions support, gel des investissements malgré des aides publiques, et optimisation fiscale ayant conduit, ces dernières années, à ne pas payer d'impôt sur les sociétés en France. Le texte évoque aussi des incidents de sécurité et des répercussions sanitaires sur plusieurs sites, ainsi que plus de 10 milliards d'euros reversés aux actionnaires sur trois exercices. Les aides publiques versées sont estimées à 298 millions d'euros pour 2023 seulement, sans contrepartie sociale ou industrielle. **Enjeux invoqués** Les auteurs soulignent que la production menace plus de 15 000 emplois directs et des dizaines de milliers d'emplois indirects. Ils citent des filières jugées stratégiques, comme l'automobile, la construction navale et nucléaire, la défense, l'aérospatiale, le ferroviaire et les infrastructures, et estiment que la planification écologique nécessite une production d'acier en France. Le texte rappelle aussi l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2026, du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, ainsi que la fin progressive des quotas gratuits jusqu'en 2034, qui pourraient renchérir les coûts de production. **Justification avancée** Les auteurs considèrent que les instruments de régulation classiques (aides à l'investissement, encadrement des licenciements) se sont révélés insuffisants et qu'aucune autre voie légale ou politique ne permet d'atteindre les objectifs visés. Ils…

Pourquoi voter pour

- M. Charles Sitzenstuhl (EPR) présente l'amendement comme un amendement de cohérence. Selon lui, la proposition de loi doit être mieux expertisée avant d'être votée, et il reproche à l'Assemblée de légiférer « au doigt mouillé » sur ce sujet. - M. Pierre Cazeneuve (EPR) soutient l'amendement de son collègue, sans développer d'argument de fond sur son contenu. - Le gouvernement, par la voix de M. Sébastien Martin (ministre délégué), a exprimé un avis favorable. - L'extrait ne rapporte pas d'autres arguments propres à ce camp que ceux relatifs à la nécessité d'une expertise préalable, ni de développement sur le fond de la nationalisation.

Pourquoi voter contre

- La commission, par la voix de M. Nicolas Sansu (GDR), a exprimé un avis défavorable, sans justifier cet avis dans l'extrait. - L'extrait ne contient pas d'argumentation explicite de l'opposition à l'amendement, ni d'explication sur les raisons du rejet attendu par la commission. - Les interventions de M. Philippe Ballard (RN) et de M. José Gonzalez (RN) sont des réactions aux propos de M. Sitzenstuhl (« C'est tout ce que vous avez à dire après dix ans au pouvoir ? » ; « C'est minable ! »). Elles ne portent pas sur le fond de l'amendement. - Les critiques formulées par M. Sitzenstuhl et M. Cazeneuve à l'encontre du Rassemblement national portent sur la position de ce groupe sur le vote (abstention sur l'article 1er), non sur l'amendement lui-même. Elles ne constituent donc pas des arguments contre l'amendement.

Le vote de chaque groupe