Réforme des bourses étudiantes sur critères sociaux et lutte contre la précarité
Scrutin public de l'Assemblée nationale du 11 juin 2026, adopté : 75 pour, 1 contre, 15 abstentions.
Intitulé officiel : l'ensemble de la proposition de loi visant à réformer les bourses sur critères sociaux et à lutter contre la précarité étudiante (première lecture).
Texte : Réformer les bourses sur critères sociaux et lutter contre la précarité étudiante
De quoi s'agit-il ?
**Objectif de la proposition de loi** Cette proposition de loi vise à réformer les bourses sur critères sociaux (BCS) pour l'enseignement supérieur. Ses auteurs la présentent comme une série de mesures d'urgence, et non comme une refonte globale du système. Elle propose d'instaurer une indexation automatique des montants et des barèmes des bourses, et de verser ces bourses sur douze mois au lieu de dix. **Contexte présenté par le texte** Le texte décrit une précarité étudiante ancienne, que la crise sanitaire de la covid-19 aurait mise en lumière. Il s'appuie sur plusieurs enquêtes (Observatoire de la vie étudiante, DRESS, travaux de l'Assemblée nationale). Selon l'UNEF, citée dans le texte, le coût de la vie étudiante a augmenté d'environ 30 % depuis 2010, et les dépenses contraintes (logement, transports, alimentation) représentent plus de 70 % du budget étudiant. Le texte indique qu'près d'un étudiant sur cinq vivrait sous le seuil de pauvreté et que l'aide parentale constitue en moyenne plus de 40 % de leurs ressources. **Constats relatifs aux bourses** Les BCS bénéficiaient à environ 677 271 étudiants. Selon le texte, elles n'ont pas été revalorisées automatiquement : entre 1998 et 2011, le barème était révisé à chaque rentrée, alors que depuis 2013 il est resté quasiment inchangé, hormis la création des échelons 0 bis et 7. La réforme de 2023 (hausse de 6 % des plafonds de ressources et de 37 euros mensuels des montants) est décrite comme un rattrapage partiel. Le texte relève que le nombre de boursiers, supérieur à 712 000 en 2016, est tombé à 677 271 en 2023-2024, et que des étudiants ont perdu leur bourse ou été rétrogradés, avec la perte des droits connexes qui s'y rattachent. Le texte souligne aussi que les bourses ne sont versées que sur dix mois, alors que certaines charges se poursuivent pendant l'été. **Dispositions du texte** - L'article 1er introduit dans le code de l'éducation le principe de l'indexation des taux et barèmes des bourses sur…
Pourquoi voter pour
- Mme Fatiha Keloua Hachi (SOC) annonce que son groupe votera pour la proposition de loi, qu'elle juge « un début, même si c'est un petit début ». - Elle remercie la rapporteure pour ce texte, qu'elle dit vouloir voter « avec grand plaisir ». - Elle estime que la réforme systémique des bourses n'interviendra pas avec le gouvernement actuel et évoque une possible réforme par un gouvernement socialiste en 2027. - M. Charles Sitzenstuhl (EPR) reconnaît l'existence des difficultés vécues par beaucoup d'étudiants et rappelle la mesure du repas à 1 euro mise en place pendant la crise du covid. Il ne dit pas explicitement que son groupe votera pour le texte, mais annonce une abstention. - Le résultat du scrutin est favorable : 75 voix pour, 1 contre, pour 76 suffrages exprimés.
Pourquoi voter contre
- Aucun orateur de ce groupe ne s'est explicitement prononcé contre le texte dans l'extrait fourni. Le seul vote contre est mentionné dans le résultat du scrutin, sans que son auteur ou ses motifs ne soient indiqués. - M. Charles Sitzenstuhl (EPR) annonce une abstention de son groupe et critique le texte sur le fond : il juge que ses impacts budgétaires, d'environ un demi-milliard d'euros, ne sont pas négligeables alors qu'il ne répond pas de façon structurelle aux dysfonctionnements du système. - Il explique que ses amendements de compromis ont été rejetés, tout en saluant certaines ouvertures de la rapporteure. - Il plaide pour une réforme structurelle des bourses, réellement financée, et propose la suppression d'une niche fiscale sur les frais de scolarité, qu'il présente comme une piste de financement, en citant la rapporteure et la Cour des comptes. - Mme Caroline Parmentier (RN) interrompt brièvement en affirmant que « c'est plus que des difficultés », sans développer d'argument sur le texte.
Le vote de chaque groupe
- Rassemblement National : 17 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Ensemble pour la République : 0 pour, 1 contre, 6 abstentions
- La France insoumise - Nouveau Front Populaire : 20 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Socialistes et apparentés : 12 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Droite Républicaine : 0 pour, 0 contre, 2 abstentions
- Écologiste et Social : 9 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Les Démocrates : 1 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Horizons & Indépendants : 0 pour, 0 contre, 3 abstentions
- Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires : 1 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Gauche Démocrate et Républicaine : 15 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Union des droites pour la République : 0 pour, 0 contre, 4 abstentions
- Non inscrit : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions