Amendement sur le placement judiciaire d'enfants dans le projet de loi relatif à la protection des enfants
Scrutin public de l'Assemblée nationale du 16 juillet 2026, adopté : 73 pour, 37 contre, 2 abstentions.
Intitulé officiel : l'amendement n° 731 de Mme Cestrières à l'article premier du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Texte : Projet de loi relatif à la protection des enfants
De quoi s'agit-il ?
**Objectif.** Le projet de loi relatif à la protection des enfants répond, selon son exposé des motifs, à une crise structurelle de la protection de l'enfance, qui concerne plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Il s'inscrit dans la continuité de trois lois adoptées depuis 2007, qu'il vise à approfondir et à adapter. **Constats.** Le texte relève une hausse continue des mesures éducatives, concernant des enfants plus jeunes, une judiciarisation croissante et un recours accru aux placements en établissement, au détriment de l'accueil familial. Il attribue ces évolutions à la baisse du nombre d'assistants familiaux, à la difficulté de mobiliser l'entourage de l'enfant, au besoin d'évolution des pratiques professionnelles et à un déficit de cohérence de la gouvernance. **Principes.** Le projet repose sur quatre principes : - la primauté de la famille et de l'entourage proche, avec davantage de prévention et la recherche systématique d'un tiers digne de confiance en cas d'éloignement ; - la stabilité du parcours de l'enfant : le placement ne doit pas être un projet de vie, et un projet stable doit être défini dans des délais raisonnables ; - le droit de l'enfant confié de vivre comme les autres, avec une sécurité renforcée dans les lieux qu'il fréquente ; - une protection cohérente sur tout le territoire, grâce à la coordination entre départements et services de l'État. **Principales mesures.** - **Article 1** : rénove le placement judiciaire, fixe dès le départ un délai de réévaluation et permet un placement jusqu'à la majorité pour les enfants d'au moins treize ans. - **Article 2** : accélère la procédure de délaissement parental et prévoit la possibilité de confier certains enfants à des familles agréées en vue d'adoption, ainsi que l'encouragement de l'adoption simple. - **Article 3** : rend obligatoire la recherche de tiers dignes de confiance dans les trois mois suivant un placement d'urgence et généralise…
Pourquoi voter pour
- Mme Pauline Cestrières (EPR), auteure de l'amendement, indique qu'il vise, « par souci de clarté », à isoler dans un alinéa distinct les modalités de définition du projet de vie. Son argument est donc un argument de lisibilité du texte. - La ministre Stéphanie Rist donne un avis favorable, sans développer de motif dans cet extrait. - Le scrutin donne 73 voix pour l'adoption, pour 110 suffrages exprimés.
Pourquoi voter contre
- Aucun argument développé n'est exprimé dans cet extrait. Mme Marianne Maximi (LFI-NFP), au nom de la commission, se contente de donner un « avis défavorable », sans en expliquer les raisons. - Le scrutin compte 37 voix contre, mais l'extrait ne permet pas de savoir pourquoi les députés ont voté contre.
Le vote de chaque groupe
- Rassemblement National : 32 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Ensemble pour la République : 20 pour, 0 contre, 0 abstentions
- La France insoumise - Nouveau Front Populaire : 0 pour, 13 contre, 1 abstention
- Socialistes et apparentés : 0 pour, 9 contre, 1 abstention
- Droite Républicaine : 2 pour, 8 contre, 0 abstentions
- Écologiste et Social : 0 pour, 7 contre, 0 abstentions
- Les Démocrates : 10 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Horizons & Indépendants : 7 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires : 1 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Union des droites pour la République : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Gauche Démocrate et Républicaine : 0 pour, 0 contre, 0 abstentions
- Non inscrit : 1 pour, 0 contre, 0 abstentions